16.06.2011
Fermeture de Classe à Saint de Vedas
La politique gouvernementale de fermeture de classe continuent, le démantèlement de notre école publique est en marche, Saint Jean de Vedas n’est pas épargné. En trois ans ce ne sont pas moins de. Comment le Maire Isabelle Guiraud candidate pour la région sur la liste représentant la politique du Président Sarkozy peut elle défendre le principe de non fermeture de classes dans notre village. Par sa présence sur cette liste Ump elle cautionne de fait avec l’ensemble de son conseil municipal et de son 1 adjoint Lentheric en tête les lignes politiques décidées dans le domaine de l’éducation. C’est de l’imposture intellectuelle que de défendre des positions opposées selon la fonction que l’on occupe et de tenter en permanence de déconnecter le local de la réalité du contexte politique général.
Le double discours a ses limites que ce soit pour madame Guiraud ou Mr Lentheric et à terme ni l’un ni l’autre ne pourra éviter d’être face à leurs responsabilités ou à face à leur inconséquence.
Il ne s’agit pas ici d’entamer une polémique mais pour bien expliquer quels sont les enjeux je vous renvoie à un article du journal Le Monde du 11 février présentant le livre « Les Places et les chances » du sociologue François Dubet et qui démontre avec justesse l’échec du modèle français d’égalité des chances et dont je vous fais part des points qui m’ont parus essentiel.
En matière d’éducation les apparences sont parfois trompeuses. Les récentes discussions sur l’ouverture sociale des grandes écoles-via un quota imposé de 30% de boursiers- ne contribuent pas forcément à faire avancer l’égalité des chances.
En détournant le regard, elles feraient même oublier que le système éducatif français est un des plus inéquitables de l’OCDE ; qu’ au fil d’une scolarité, les inégalités entre les classes sociales se creusent et que sur ces dix dernières années les enfants les plus défavorisés n’y acquièrent plus le socle minimum.
Dans les faits le modèle français consiste à panser, ici ou là, les plaies de l’inégalité, plutôt que de penser une société plus égalitaire.
Il existe en effet deux grandes conceptions de la justice sociale. La première passe par l’égalité des places, la seconde par l’égalité des chances.
L’égalité des places, vise à réduire les inégalités de revenus, de conditions de vie entre les cadres et les ouvriers.
L’égalité des chances maintient, elle, intacte le cadre social mais tente de donner des chances de mobilité aux plus méritants des classes défavorisés.
Les initiatives qui permettent d’offrir un ascenseur social à une toute petite frange des <mal-nés>-tels les conventions Sciences po, les cordées de la réussite dans les grandes écoles-autorisent en fait à laisser sur le bord de la route le gros des troupes. Ce que ne démentent pas les dernières statistiques. Sur dix fils de cadre entrés au collège en 1995, huit étaient encore étudiants dix ans après et un seul avait arrêté ses études sans avoir le bac. Sur dix enfants d’ouvriers en revanche, trois sont dans la supérieure quand la moitié a quitté le système sans le bac.
Au fil du temps, l’école devient de plus en plus inégalitaire. Les acquis en lecture des élèves de CM2 analysés sur vingt ans montrent que le score des enfants d’ouvriers a été divisé par deux entre 1997 et 2007.Alors que celui des fils de cadres a légèrement progressé.
Les zones d’éducation prioritaires, pensées pour « donner plus à ceux qui ont moins » sont en faillite. Dans les 254 collèges ambition-réussite (soit les plus difficiles), remplis aux trois quart par des enfants d’ouvriers ou d’inactifs, un quart n’y maîtrise pas les compétences de base en français à l’arrivée
L’ouverture de la carte scolaire, qui permet à quelques-uns de choisir leur établissement, déstabilise un peu plus les collèges à l’équilibre déjà très instable. Selon une étude de la direction de l’enseignement scolaire faite à la rentrée 2008, 73% de ces 254 collèges avaient perdu des élèves.
Les inégalités sociales sont plus fortes que chez nos voisins (en France, un lycéen de milieu défavorisé a deux fois moins de chances d’entrer dans l’enseignement supérieur que s’il avait grandi en Espagne ou en Irlande). Ici un lycéen a déjà 4,3 fois plus de risques d’être en échec à 15 ans s’il est issu d’un milieu social défavorisé que s’il fait partie des classes supérieures. La moyenne des pays de l’OCDE est de trois fois.
Un Etat responsable se doit de reprendre le combat de la justice fiscale .C’est celui de la république. Il s’agit de redonner confiance dans le Vivre ensemble et de renforcer la cohésion sociale.
Il nous faut aujourd’hui cesser de retoucher à la marge et de complémenter sans rien changer en profondeur un système éducatif en crise.
Dés débuts de solution ; La définition d’une culture commune et les réformes pédagogiques nécessaires à son acquisition par tous, le service public de la petite enfance, la réforme profonde du collège pour lutter contre l’exclusion scolaire et l’élitisme disciplinaire, la revalorisation effective des filière professionnelles et techniques, la redéfinition des missions et de la formation des enseignants, l’émergence d’une politique éducative qui ne se limite pas aux seuls établissements scolaires, mais qui prennent en compte la famille, les médias, la culture, les tissus associatifs locaux…
François Dubet examine avec précision deux modèles de justice sociale : celui de l’égalité des chances, celui de l’égalité des places. Les deux ont des défauts et des qualités.
Le problème est que le mixte qui l’emporte aujourd’hui n’est pas le bon.
19:14 Publié dans Actualités, Blog, Famille, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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